Le doggy bag au restaurant permet au client d'emporter les restes de son repas. Depuis le 1er juillet 2021, la loi EGalim oblige chaque restaurateur de la restauration commerciale à proposer ce service sur demande, dans un emballage alimentaire réutilisable ou recyclable : une mesure pratique contre le gaspillage alimentaire.
Sur demande du client, sauf au buffet à volonté
- Doggy bag obligatoire depuis le 1er juillet 2021 dans chaque restaurant, à la demande du client.
- Exception : les formules à volonté (buffets), où le restaurateur n'a pas à laisser emporter les restes.
- Boîte réutilisable ou à trier, que chacun peut aussi apporter soi-même.
- Une fois sortie du restaurant, la nourriture se met au frais dans les deux heures.
Qu'est-ce qu'un doggy bag au restaurant ?
Le doggy bag désigne la boîte, la barquette ou le sac dans lequel un restaurant place ce qui reste dans l'assiette pour que le client l'emporte chez lui. Le terme vient d'une pratique anglo-saxonne : aux États-Unis, dans les années 1940, les clients demandaient discrètement un sac « pour le chien » afin de ne pas avouer qu'ils comptaient finir le plat eux-mêmes. Le nom est resté, alors que les restes finissent aujourd'hui presque toujours dans l'assiette du client le lendemain.
En France, l'usage a longtemps été mal vu. Demander un doggy bag passait pour un manque de savoir-vivre, voire pour une critique des portions servies. Les enquêtes menées au début des années 2010 montraient qu'une majorité de clients se déclaraient favorables au principe, mais qu'une minorité seulement osait le demander. Pour lever cette gêne, plusieurs initiatives ont cherché à donner un nom plus élégant à la pratique : le « Gourmet Bag », lancé en Rhône-Alpes en 2014 avec des restaurateurs de la région lyonnaise, en est l'exemple le plus connu. Le principe ne change pas : le client repart avec ses restes dans un contenant fourni par la maison.
La nuance compte : un doggy bag n'est pas un plat à emporter. Il ne concerne que la nourriture déjà servie à table et non consommée, pas une commande passée pour être mangée ailleurs. C'est cette distinction qui fixe le cadre de l'obligation et le choix de l'emballage alimentaire.
Quelles sont les obligations des restaurateurs ?
Depuis le 1er juillet 2021, les établissements de restauration commerciale doivent mettre à disposition de leurs clients qui en font la demande des contenants réutilisables ou recyclables, afin d'emporter les aliments ou les boissons non consommés sur place. Cette obligation de proposer un doggy bag vient de la loi EGalim du 30 octobre 2018, qui a inscrit la règle dans le code de l'environnement, dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le ministère de l'Agriculture présente la mesure sous le nom de « boîte anti-gaspillage ».
Qui est concerné, et qui ne l'est pas
La règle vise la restauration commerciale : restaurants traditionnels, bistrots, brasseries, pizzerias, établissements de restauration rapide qui servent à consommer sur place. Elle comporte une exception explicite : les offres à volonté. Dans un buffet, le client se sert librement, et la loi n'impose pas au restaurant de laisser partir ce qui reste. La restauration collective (cantines, restaurants d'entreprise, hôpitaux) relève d'autres dispositions de la loi, centrées sur les diagnostics de gaspillage et les dons aux associations.
Ce que le texte ne dit pas
Le texte oblige à fournir un contenant sur demande, il n'oblige pas le serveur à le proposer spontanément, même si beaucoup d'établissements le font désormais. Il ne fixe pas non plus de prix : aucune obligation de gratuité n'y figure, et un restaurateur peut facturer le contenant, à condition de l'annoncer clairement, comme n'importe quel prix affiché. Enfin, le texte ne prévoit pas d'amende spécifique au refus du doggy bag ; en pratique, un convive qui se heurte à un refus peut signaler l'établissement à la DGCCRF. Cette obligation s'ajoute aux autres informations dues à la table, comme la mention des allergènes présents dans les plats de la carte.
Quels sont les avantages du doggy bag ?
Le premier avantage est de lutter contre le gaspillage. L'ADEME estimait en 2016 que la France perd environ 10 millions de tonnes de produits alimentaires par an, toutes étapes confondues, de la production à la consommation finale. La restauration commerciale y contribue par les restes d'assiette, qui partent à la poubelle faute de solution. Chaque doggy bag rempli évite de jeter une nourriture déjà cuisinée, dont la production a mobilisé de l'eau, de l'énergie, du transport et le travail des producteurs.
Le deuxième avantage est pratique et économique pour le convive : il a payé son repas, il en profite en entier. Une entrecôte trop copieuse, la moitié d'un gratin ou un dessert à peine entamé deviennent un déjeuner pour le lendemain. Pour le restaurateur, l'intérêt est double : moins de déchets à gérer (les biodéchets font l'objet d'un tri obligatoire), et une image de maison attentive, cohérente avec une démarche anti gaspi, écologique et durable. Ne plus gaspiller ce qui sort de la cuisine fait aussi partie d'une bonne gestion des achats.
Le troisième avantage concerne la carte elle-même. Un restaurant dont les clients emportent régulièrement leurs restes obtient une information utile sur ses portions. Dans une cuisine de marché, où les quantités achetées chaque jour suivent l'ardoise, ce retour aide à ajuster les assiettes et les commandes. C'est aussi la logique d'une cuisine du marché bien menée : acheter juste, servir juste, et proposer d'emporter les restes quand l'appétit n'a pas suivi.
Comment utiliser un doggy bag au restaurant ?
Le geste est simple, et il n'a plus rien de gênant depuis que la loi l'a rendu banal. Quelques repères permettent de le faire dans de bonnes conditions :
- Demander au bon moment. Le plus pratique est de le signaler quand le serveur vient débarrasser l'assiette, ou au moment de l'addition. Le personnel prépare alors la boîte en cuisine ou le remet à table.
- Vérifier ce qui peut partir. Une préparation mijotée, une viande, des légumes, une part de tarte voyagent bien. Une salade déjà assaisonnée, un poisson cru ou un dessert monté à la crème supportent mal le trajet.
- Demander si l'emballage est payant. Le service est dû, sa gratuité non : mieux vaut poser la question que la découvrir sur la note.
- Penser au trajet. Un sac papier ou une boîte en carton fermée évite les fuites dans le sac à main ou la voiture.
- Mettre au frais rapidement. Une fois rentré, le plat va au réfrigérateur sans attendre.
Chacun peut aussi apporter sa propre boîte. Rien ne l'interdit, et plusieurs campagnes anti gaspi encouragent ce réflexe écologique, qui supprime tout emballage jetable. Le restaurant reste libre d'accepter ou non de manipuler une boîte venue de l'extérieur, pour des raisons d'hygiène ; dans la plupart des cas, le serveur laisse le convive la remplir lui-même à table.
Quels types d'emballages sont acceptés ?
Le texte exige un emballage réutilisable ou à recycler. Il s'inscrit dans le mouvement plus large de la loi AGEC, qui a imposé depuis le 1er janvier 2023 la vaisselle réutilisable pour les repas servis à consommer sur place dans la restauration rapide. Le doggy bag, lui, part avec le convive : c'est de la vente à emporter au sens pratique, et il peut donc rester jetable, à condition de pouvoir être trié. Le contenant retenu relève de la préparation, du budget de l'établissement et de la place disponible en cuisine.
| Contenant | Statut | Pour quelles préparations | Limite |
|---|---|---|---|
| Boîte en carton kraft | Filière de tri | Plats secs, viandes, tartes | Supporte mal les sauces liquides |
| Barquette avec couvercle | Tri selon la matière | Plats en sauce, gratins | Vérifier le logo de tri |
| Sac papier | Filière de tri | Pain, viennoiseries, fromage emballé | Aucune protection contre l'humidité |
| Bocal en verre consigné | Réutilisable | Soupes, plats mijotés, desserts | Consigne à rapporter |
| Boîte apportée par le client | Réutilisable | Toutes les préparations | Propreté sous la responsabilité du client |
Dans tous les cas, l'emballage retenu doit être apte au contact alimentaire : il porte en principe le symbole du verre et de la fourchette, ou une mention équivalente. Une boîte ordinaire en carton, prévue pour une autre utilisation, ne convient pas. Le plastique à usage unique qui ne se recycle pas, lui, est à éviter : il contredit l'esprit même d'une mesure pensée pour une consommation plus durable.
Hygiène : ce que devient le plat une fois sorti
Le risque sanitaire est la question que se posent le plus souvent restaurateurs et clients. Tant que l'assiette est en salle, la maison en répond ; une fois le doggy bag remis, la conservation relève de celui qui l'emporte. Ce transfert de responsabilité explique que certains établissements ajoutent une étiquette avec la date du jour ou une courte mention de conservation.
Les règles de bon sens sont connues. Une préparation cuisinée se met au réfrigérateur, à 4 °C au plus, dans les deux heures qui suivent la fin du repas, et se consomme dans les 24 à 48 heures. Il se réchauffe à cœur, en une seule fois : on ne réchauffe pas deux fois les mêmes restes. Les produits crus (tartare, carpaccio, poisson mariné), les préparations à base d'œufs crus comme une mousse au chocolat maison, et les coquillages demandent la plus grande prudence : beaucoup de restaurateurs refusent de les emballer, et ce refus est raisonnable. Une journée d'été, un trajet long ou une voiture en plein soleil suffisent à rendre la nourriture douteuse ; dans ce cas, mieux vaut renoncer.
Pour une personne allergique, le doggy bag ne change rien aux précautions : ce qui est emporté contient les mêmes ingrédients que l'assiette servie. Le serveur peut rappeler la composition au moment d'emballer.
Pourquoi les clients n'utilisent-ils pas davantage le doggy bag ?
Plusieurs années après l'entrée en vigueur du texte, la pratique reste loin d'être systématique en France. Les raisons tiennent davantage à la culture qu'à la réglementation. La gêne d'abord : demander à emporter ses restes semble encore, pour une partie du public, un aveu de radinerie, surtout lors d'un repas d'affaires ou d'un premier rendez-vous. L'ignorance ensuite : beaucoup ne savent pas que l'établissement a l'obligation de répondre à leur demande. Le transport enfin : on ne rentre pas toujours directement chez soi après un déjeuner en ville, et une boîte de restes dans l'après-midi n'a rien de pratique.
Côté restaurants, les freins sont plus matériels : coût des emballages en carton ou en plastique, place pour les stocker, temps de service au moment où la salle est pleine. Les établissements qui ont intégré le geste à leur service le jugent rarement pesant ; il suffit d'une pile de boîtes près du passe et d'une phrase du serveur au moment du débarrassage. Poser la question d'emblée, sans attendre que la table ose, lève la plus grande partie de la gêne.
Quelles sont les alternatives au doggy bag ?
Le meilleur reste est celui qu'on ne produit pas. Plusieurs solutions complètent le doggy bag, côté client comme côté restaurant :
- Choisir la bonne portion. Demander une demi-portion ou une assiette sans accompagnement quand l'appétit est modeste, ou préférer une formule courte à midi, comme une formule déjeuner de bistrot.
- Partager. Une entrée ou un dessert pour deux évite de laisser la moitié de l'assiette.
- Servir l'accompagnement à part. Pain, frites ou légumes proposés en supplément à la demande limitent les restes les plus courants.
- Les applications anti gaspi. En fin de service, certains restaurants vendent à prix réduit les préparations du jour qui ne seront pas servies le lendemain.
- Le don. Les invendus non servis peuvent être donnés à des associations d'aide alimentaire, dans le respect des règles d'hygiène.
Le principe s'étend à la boisson : une bouteille de vin entamée peut repartir rebouchée, et l'eau du robinet reste la solution la plus sobre, comme nous l'expliquons à propos de la carafe d'eau servie au restaurant.
Questions fréquentes sur le doggy bag
- Un restaurant peut-il refuser un doggy bag ?
- Un établissement de restauration commerciale doit fournir un emballage au client qui le demande, sauf pour les offres à volonté. Il peut en revanche refuser d'emballer un produit fragile, comme un poisson cru, pour des raisons sanitaires.
- Le doggy bag est-il gratuit ?
- La loi ne l'impose pas : le restaurateur peut facturer le contenant, à condition que le prix soit annoncé au client avant la note.
- Peut-on apporter sa propre boîte au restaurant ?
- C'est possible et encouragé par les campagnes contre le gaspillage alimentaire. L'établissement reste libre de laisser le client remplir la boîte lui-même, et la propreté de celle-ci relève de ce dernier.
- Combien de temps se conservent les restes emportés ?
- Des restes cuisinés se placent au réfrigérateur dans les deux heures et se consomment dans les 24 à 48 heures, réchauffés à cœur une seule fois.
- Peut-on emporter une bouteille de vin entamée ?
- Oui, on peut repartir avec la bouteille qu'il a payée, rebouchée par le personnel. En voiture, elle doit voyager hors de portée du conducteur, idéalement dans le coffre.